Définitions et dictionnaire de la peinture

ART FIGURATIF

L'art figuratif est un style artistique, en particulier dans la peinture, qui utilise comme modèles des objets du réel, les déforme ou les change pour transmettre un message. Le terme « art figuratif » est souvent pris au sens d'art qui représente le corps humain ou animal. Si cela est souvent vrai, ce n'est pas nécessairement toujours le cas. En effet, la peinture figurative représente non seulement des personnes mais aussi des objets tels qu'un vase ou une bouteille, un animal, une fleur, un paysage, et renvoie à un spectacle identifiable du réel ou d'un monde irréel né de la seule imagination de l'artiste.

Elle peut être réaliste ou stylisée. La Renaissance, le baroque, l'hyperréalisme et le réalisme sont des exemples de styles artistiques d'art figuratif réaliste, dans lesquels le peintre cherche à représenter le réel (la mimésis). Des mouvements comme l'impressionnisme, l'expressionnisme, le symbolisme, le surréalisme le trompe-l'oeil s'inscrivent aussi dans la mouvance de l'art figuratif même s'ils ne sont pas aussi rigoureux dans leur représentation du réel.

En définitive, la peinture peut être divisée en deux catégories principales, l'art figuratif et l'art abstrait, même si, à strictement parler, l'art abstrait est une forme dérivée de l'art figuratif. La peinture abstraite ne se préoccupe pas de représenter les objets qui s'expriment par eux-mêmes. Contrairement à l'art figuratif, l'art abstrait ne cherche donc pas à représenter quelque chose, une sorte d'illusion sur le monde. Malgré tout, tant la peinture figurative que la peinture abstraite peuvent exprimer des états émotionnels, en représentant quelque chose qui a une référence à la réalité ou non, voilà la différence.


ART ABSTRAIT

Dans les arts plastiques, l'art abstrait est un « langage visuel » né au XXe siècle. Il n'essaie pas de représenter « les apparences visibles du monde extérieur[réf. nécessaire]», mais tente de donner une contraction du réel ou encore d'en souligner les « déchirures »[réf. nécessaire]. L'art abstrait peut se passer de modèle et s'affranchit de la fidélité à la réalité visuelle et ainsi des créations plastiques mimétiques. Il ne représente pas des sujets ou des objets du monde naturel, réel ou imaginaire, mais seulement des formes et des couleurs pour elles-mêmes.

Le peintre Vassily Kandinsky est considéré comme le fondateur de l'art abstrait. Il a peint sa première aquarelle abstraite Sans titre en 1910 (en réalité elle est antidatée). Selon le philosophe Michel Henry ; « Kandinsky appelle abstrait le contenu que la peinture doit exprimer, soit cette vie invisible que nous sommes. »

Au début du XXe siècle, ce terme incluait aussi le cubisme ou le futurisme, genres dans lesquels il y a bien volonté de représenter le monde réel, sans l'imiter ou le copier, mais plutôt en en montrant les qualités intrinsèques. On représente ce qu'on sait d'un objet plutôt que ce qu'on en voit.

L'art abstrait utilise un langage formel, pictural et linéaire pour créer une composition indépendante du rapport aux références visuelles existantes dans le monde sensible. L'art occidental a été, de la Renaissance jusqu'au milieu du XIXe siècle, sous-tendu par la logique de la perspective et une tentative de reproduire l'illusion de la réalité visible. La découverte et l'accès grandissant aux arts et cultures extérieurs à l'Europe ont insufflé d'autres modèles de description et permis une expérience visuelle de l'artiste libérée des contraintes de la représentativité. Certains, suivant une mouvance impressionniste, se sont essayés à la déformation de caractères d'imprimerie moderne, voire de symboles Sanskrits. À la fin du XIXe siècle, de nombreux artistes ont ainsi estimé nécessaire de créer une nouvelle forme d'art assimilant les changements technologiques, scientifiques et philosophiques de leur temps. Les sources dont les artistes tirent leur arguments théoriques sont diverses et reflètent les préoccupations sociales et intellectuelles dans tous les domaines de la culture occidentale de cette époque.

L'abstraction indique un point de départ, une nouvelle représentation de la réalité et de l'imagerie dans l'art. Depuis le réalisme du début du XIXe siècle et l'apparition du daguerréotype, une représentation exacte du réel est réalisée. L'écart entre art et réalité, thème classique de la représentativité artistique, a traversé le miroir de l'exactitude visuelle. L'abstraction s'inscrit dans cette continuité, cette constante recherche d'une représentation juste du réel. Elle se veut une réponse à ces nouvelles formes récemment apparues, considérées malgré leur exactitude technique comme partiales, incomplètes. L'idée de sublimation de la réalité disparaît au profit d'une abstraction extérieure à sa représentation tangible, l'art ne vise plus la vraisemblance la plus grande, le réalisme le plus exact, car il peut être supplanté, résumé, au moins théoriquement par les nouvelles formes de représentation automatisée, puisqu'une représentation parfaite est susceptible d'être extrêmement difficile à atteindre. Le travail artistique prend des libertés, en modifiant par exemple la couleur et la forme d'une manière qui soit visible et contenue dans une essence concise qui peut être appelée « abstraite ». La résultante ne comporte plus les traces de l'abstraction, les références et le reconnaissable disparaissent au profit des effets visibles, des formes géométriques, des lignes épurées ou foisonnantes, des couleurs uniques ou mêlées. Ainsi, l'abstraction géométrique ne conserve aucune des références naturelles et réalistes des entités présentées. Art figuratif et Abstraction totale sont presque incompatibles, à ceci près que la représentation figurative (ou art réaliste) contient souvent une abstraction partielle.

L'abstraction géométrique et l'abstraction lyrique sont le plus souvent totalement abstraites. Parmi les très nombreux mouvements artistiques pré-abstraction, ceux qui incarnent une part substantielle et notable d'abstraction sont le fauvisme, pour son usage des couleurs, clairement et délibérément altérées par rapport à la réalité, et le cubisme, qui modifie de façon flagrante les formes de la vie réelle. Enfin le futurisme, dans sa volonté de dé-figurer le réel par le dynamisme et le cinétisme, parvient à un art abstrait, notamment avec Giacomo Balla.


ABSTRACTION LYRIQUE

L'abstraction lyrique est une expression employée pour désigner, en opposition à l'abstraction géométrique, ou au constructivisme, une tendance à l'expression directe de l'émotion individuelle qui est rattachée à l'art informel développé à Paris après la Seconde Guerre mondiale.

L'expression « abstraction lyrique » est employée pour la première fois par Jean José Marchand et le peintre Georges Mathieu lors de l'exposition organisée, en décembre 1947, à la galerie du Luxembourg avec Wols, Bryen, Hartung, Mathieu, Riopelle, Atlan, Ubac, Arp, à laquelle Mathieu voulait donner le titre « Vers l'abstraction lyrique » mais auquel la directrice de la galerie préféra « L'Imaginaire ».

« On peut y rattacher, à plus ou moins juste titre, la démarche amorphique de l'art informel, l'expression calligraphique, de la peinture gestuelle, et surtout, en tenant compte d'une certaine vulgarisation, la grande vague du tachisme qui a déferlé en 19542. »

LEXIQUE DU VOCABULAIRE TECHNIQUE CONCERNANT LES ARTS PLASTIQUES ET MENTIONS DE PRESENTATION PUBLIQUE DES OEUVRES.

ACRYLIQUE : pigment synthétique, initialement destiné au marché industriel, et commercialisé en 1950. Cette peinture au séchage rapide donne des tons plus vifs que ceux de la peinture à l'huile, mais laisse également sur le tableau un fini impersonnel.

ANAMORPHOSE : Peinture qui distend les formes en leur donnant une apparence nouvelle, aussi lisible en face de la composition, que si l'on se déplace sur les côtés du tableau, le sujet "suit" le déplacement de l'oeil de l'observateur, lisible également si l'on place un miroir cylindrique devant le tableau. Style surtout utilisé dans la Peinture Ancienne.

APLAT : plan de couleur, uniforme, sans volume ni matière.

BAUHAUS : Académie Allemande fondée par Gropius en 1918, pour attribuer à l'architecture une position à même de donner leurs impulsions aux Arts et Art Appliqués.

BITUME : produit goudronneux utilisé autrefois pour exprimer des tons roux, mais qui occasionna beaucoup d'altérations dans les couches picturales du fait de sa difficulté à sécher, et vira au noir en vieillissant, (à bannir).

CAMAIEU : emploi d'une seule couleur dans des tons différents.

CANON : ensemble de règles servant à déterminer les proportions idéales du corps humain, (l'origine remonte à la statuaire grecque).

CHASSIS : Cadre de bois, avec ou sans Traverse (selon le format), sur lequel la Toile (de Lin, de Coton ou en Polyester) est tendue.

CIMAISES : murs d'une salle d'exposition, dans une galerie ou un musée.

CINABRE :
sulfure naturel de mercure, de couleur rouge (vermillon).

CLAIR-OBSCUR : équilibre réalisé dans le tableau, entre l'ombre et la lumière, pour créer le volume et le modelé.

COULEURS PRIMAIRES : le rouge, le jaune et le bleu.

COULEURS SECONDAIRES : le vert, le violet, l'orange.

DETREMPE : couleurs broyées dans de l'eau, puis délayées au moment de peindre avec de la gomme, ou de la colle de peau tiède. Préparation soignée du support, enduit, ponçage, (les Romains, les Grecs, les Etrusques).

DRIPPING : technique de peindre inventée par l'américain Jackson Pollock, en 1947, qui consiste à produire des jets de peinture à partir d'une boite métallique percée.

EAU-FORTE : technique de gravure produisant une estampe (feuille), imprimée en plusieurs exemplaires, et  obtenue au moyen d'une planche métallique (cuivre), « mordue » par un mélange d'eau et d'acide nitrique.

EMBU : Aspect terne d'un tableau, impression de peau, dus à la superposition de couches d'huile qui n'ont pas suffisamment séchées entre elles.

EMPATEMENT : traces épaisses de peinture, laissées volontairement ou non par le passage du pinceau.

ENDUCTION : couche(s) de matière (enduits à la céruse à l'huile, ou enduits à la colle de peau mélangée à du blanc, craie, plâtre), posée(s) sur le support vierge, pour apprêter le fond.

ESSENCE DE TEREBENTHINE : essence obtenue par distillation de la résine tirée du pin, ou du pistachier.

ESSENCE D'ASPIC : tirée de la lavande mâle.

TEREBENTHINE DE VENISE : tirée du mélèze, en été se présente comme un liquide sirupeux. En hiver, se présente comme un baume plus consistant (voir ci-dessous).

BAUME DE TEREBENTHINE DE VENISE : plastifiant exceptionnel qui permet des superpositions dans le frais sans provoquer d'embus. Cher mais efficace. Assez long à sécher.

FACTURE : (la) manière dont le peintre travaille avec sa brosse (pinceau). Tableau de "bonne" ou "mauvaise" facture.

FIXE SOUS VERRE : peinture que l'artiste a réalisé au verso d'une plaque de verre.

FOND : recto du support (bois ou toile), sur lequel l'artiste va travailler.

FRESQUE : peinture murale généralement de grand format, réalisée sur un enduit frais.

FROTTIS : trace assez rugueuse et sèche, réalisée avec de la peinture à l'huile.

FUME : (fumé), épreuve d'essai d'une gravure réalisée sur bois.

GESSO :
enduit de Fond, confectionné avec de la poudre de marbre et de plâtre.

GLACIS : couche de peinture peu chargée en pigment, mais très diluée, et qui appliquée sur une couche opaque en modifie la couleur en suggérant la transparence.

GOMME ARABIQUE : résine visqueuse et transparente qui s'écoule de certains acacias, à l'origine en Arabie.

GOUACHE : pâte colorée qui se dilue à l'eau, comme l'aquarelle, et qui obtient son épaisseur, dans la détrempe, par l'apport de gomme (acacia).

GRAPHITE : carbone naturel ou artificiel cristallisé, gris-noir, friable et tendre.

GRISAILLE : peinture monochrome en camaïeu gris.

HUILE : (peinture à l'huile). L'agglutinant par excellence, le liant qui sert à "véhiculer" les couleurs sur le support.

L'Huile de Lin est la plus utilisée, la meilleure qualité est obtenue par compression de graines de lin séchées au préalable. Ses caractéristiques sont la siccativité, la coloration et la teneur en acide gras.

L'Huile d'Oeillette est extraite du Pavot Noir, peu utilisée aujourd'hui.

L'Huile de Noix, utilisée autrefois par les Vieux Maîtres.

INFORMEL : (art) qui n'obéit pas à des règles déterminées.

LAQUE : Technique de peinture très difficile à réaliser, mariant des poudres de Pigments et des Essences volatiles et très nocives comme le Naphte, ou des Ethers Alcooliques. Obligation pour l'artiste de travailler avec un masque à filtres charbon, et dans une plage de température ambiante de 20 à 28°, sinon la matière fige ou catalyse.

LIANT : l'huile utilisée dans la peinture à l'huile pour véhiculer les pigments ou couleurs.

MARIE-LOUISE : Avant cadre, plat généralement, posé autour du sujet pour lui imprimer plus de profondeur. A ne pas confondre avec Marquise (Toiture de petite taille qui abrite les portes d'entrée).

MAROUFLER : coller une toile sur un panneau, un mur.

MODELE (modelé) : relief des formes représenté sur un dessin, une peinture ou une sculpture.

NOMBRE D'OR : Nombre inventé par les artistes de la Renaissance, proportion considérée comme très esthétique : 1+ Racine de 5 divisé par 2 = 1,618.

Formule utilisée en architecture, sculpture et peinture : deux dimensions sont entre elles dans la même proportion que la plus grande des deux avec leur somme.

ORTHOGONAL : perpendiculaire, en géométrie élémentaire.

PARCHEMIN : Matériau opaque ou transparent, lisse, convenant à la reliure, l'écriture, le dessin, obtenu  par séchage d'une peau, chaulée (additionnée d'un lait de chaux pour neutraliser les traces d'acide), non tannée, de mouton, de porc, de chèvre ou d' âne.

PEINTURE AU COUTEAU : exécutée avec des spatules ou petites truelles.

PEINTURE METAPHYSIQUE : courant pictural italien du début du siècle dernier, baptisé par Carlo CARRA, et dans lequel s'exprime une transposition onirique de la réalité, au travers d'objets révélant une vie intérieure, le tout composé dans un espace architectural très épuré.

PERSPECTIVE ATMOSPHERIQUE : avec l'effet de la distance, déformation progressive des formes et des couleurs.

PERSPECTIVE LINEAIRE : avec l'éloignement du tableau, réduction des dimensions.

PIETA : tableau ou sculpture représentant une vierge de pitié.

PIGMENT : constituant organique, minéral ou synthétique qui, broyé, colore la peinture.

REPENTIR ou REPEINT : trace de peinture subsistant dans un tableau, après que l'artiste a modifié sa composition.

RETABLE : Dans une église, construction verticale portant un décor peint ou sculpté placé sur un autel, ou en retrait de ce dernier.

RONDE-BOSSE : ouvrage de sculpture pleinement développé dans les trois dimensions, par opposition aux reliefs.

SEPIA : liquide secrété par la seiche, brunâtre, utilisé pour les lavis.

STATUE CHRYSELEPHANTINE : en ivoire et or ou bronze doré.

SUITE : série de créations réalisées dans le même thème, à la fois différentes et complémentaires.

TEMPERA : peinture à émulsion faite à base d'œuf.

TERRASSE : partie plus ou moins plane sur laquelle repose le sujet (bronze).

TROMPE L'ŒIL : peinture qui donne l'illusion du relief (surtout murale).

TRAME : La TRAME est l'ensemble des fils tendus transversalement dans la toile, au contraire de la CHAINE dont les fils sont posés verticalement.


REFERENCES presentation of certain works, when sales at auction, or appearing in catalogues, etc...

A la manière de… : pastiche (imitation de la manière, du style d'un artiste).

Atelier de… : œuvre réalisée (normalement) sous la direction de l'artiste concerné, ou dans son atelier (obligation d'une indication d'époque dans le cas d'un atelier familial qui aurait conservé le même nom pendant plusieurs générations.)

Attribué à… : œuvre non signée, qui peut être de la main de l'artiste, mais dont l'authenticité est parfois sujette à controverse. Certaines œuvres, non signées du vivant de l'artiste, sont authentifiées après la disparition de ce dernier, par ses ayant - droit, au moyen d'un cachet (tampon).
D'après… : œuvre qui est souvent une copie, d'un tableau ancien par exemple.

Ecole de… : œuvre qui a été réalisée sous l'influence de l'artiste concerné, en considérant un délai maximal de cinquante années après sa disparition.

Entourage de… : oeuvre qui a été réalisée par un contemporain de l'artiste cité, contemporain qui a subi l'influence de ce dernier.

Signature apocryphe : signature dont l'authenticité est douteuse.

Suiveur de : artiste qui peint, ou a peint dans le style d'un artiste connu, célèbre.

Pour être réputées authentiques, les oeuvres doivent être commercialisées, dans le certificat délivré, avec la mention « exécutée, ou réalisée par X…, ou bien de la main de X…., ou bien encore signature de X… »

Toutes les autres mentions sont à proscrire, car elles sont très souvent source de litige. Comme par exemple la mention "ce tableau est signé X", qui ne garantit en aucune manière que le tableau a bien été réalisé et signé par X.